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Solutions: conscience

Le défi d'une journaliste et cheminante spirituelle

Faut pas croire 300x190Il est toujours compliqué dans ma posture de journaliste et de cheminante spirituelle de partager du contenu sans risquer de nourrir des égrégores de division alors que je n’aspire qu’à la paix, à la justice et à la vérité. Comme c'est difficile de communiquer et d'informer sans se trahir ni se tromper; de dénoncer sans juger. Et parfois, je me prends les pieds dans le tapis! Cela arrive quand je me prends pour Dartagnan, Peter Pan, Robin des Bois ou Idéfix! A force de croire à mes personnages, je deviens Bécassine aussi!

 

Il faut savoir cependant que, en général, je fais toujours attention à ce que l’espace à partir duquel je rédige mes articles ou mes commentaires soit aussi "vide" que possible, paisible, bienveillant et neutre. Je me connais bien et rares sont les fois où je me saisis du pouvoir de la plume pour me rehausser intentionnellement par la critique ou les jugements. Mais cela arrive inévitablement aussi. Du moins inconsciemment. Et c'est bien cela le problème: tout ce que l'on fait ou que l'on ne fait pas par inconscience! Le défi, c'est de nettoyer son intellect pour laisser agir l'intelligence. C'est très différent. Le premier est fait de croyances personnelles. Le second laisse agir en soi la sagesse de l'univers.

Ainsi, même si le ton de certains de mes commentaires peut parfois sembler conquérant, même si je prends position pour ou contre, je garde toujours à l’esprit que les gens ou les événements auxquels je semble m’opposer sont issus de la même intelligence de vie que moi. 

Par exemple, quand je me positionne clairement contre le vaccin anti-Covid (je ne me prononce pas ici sur le principe de la vaccination en général), l’énergie en arrière-plan qui anime mes partages et mon engagement n’est que conscience que tout est Conscience. L’involution sert l’évolution. La polarité est le chausse-pied de l’homme-dieu.

Je perçois que derrière les pro-vaccin et les anti-vaccin contre le coronavirus, les humanitaires et les racistes, les écolos et les capitalistes, il y a la même énergie créatrice qui se déploie à travers nos personnages, jusqu’au vidage totale du disque dur de nos mémoires individuelles et collectives de souffrances. Et la partie d’échec risque de durer encore un peu, car nous nous identifions depuis des milliers d'années à nos histoires personnelles, à nos fabrications mentales. Derrière les Black lives matter comme le Ku Klux Klan, pour moi, c’est la même régie qui dirige le spectacle.  « L’homme ne rentre pas dans sa conscience sans être sevré de son inconscience», avait écrit le penseur Bernard de Montréal. On pourrait rajouter de lui tiré d'un autre écrit: «…afin que vous reconnaissiez les certitudes d’une intelligence jadis voilée ».

Je pense que nous ne pouvons pas nous libérer de nos croyances ni des peurs qui forcément en découlent, sans les digérer et les transmuter pour nous relier aux circuits universels de la création. Même si le logiciel de notre destinée nous fait épouser une cause plutôt qu’une autre, le programmateur reste toujours le même. Et pour avoir accès aux codes source, il faut d’abord s'extraire de la dualité en défendant farouchement nos idées, tout en percevant l’adversaire comme une autre facette de soi. Je me battrai jusqu'au bout contre les abuseurs, les dictateurs, les pilleurs de ressources naturelles et les manipulateurs, mais il y a de fortes chances qu'au paradis, ils me donneront une bonne tape sur l'épaule, en me disant: " Remercie-nous ma cocotte! En jouant le rôle de "salopards", nous avons contribué à sortir de toi tout le bitume dans lequel était engluée ton esprit depuis des éons!". Les rabats-joie, les bras-cassés, les tyrans ou les désespérés, les raseurs ou les tricheurs, il faut les intégrer en soi, les embrasser. 

Think Tank à New York

Cela me rappelle une jolie histoire. Un jour, j’ai participé à un Think Tank dans un célèbre parc à New York, le Zuccotti park pendant les manifestations « Occupied Wall Street » en septembre 2011. J’assistais à une discussion de groupe lorsqu’un SDF fortement alcoolisé s’est bruyamment imposé en perturbant notre réunion. Je m’attendais à ce que les modérateurs l’accompagnent poliment à l’autre bout du parc. Au contraire, ils lui ont dit : « Mon frère, tu es le bienvenu dans notre groupe. Tu peux t’y exprimer comme tout le monde, à condition de respecter quelques règles afin que chacun puisse être entendu ». Interloqué, le SDF s’est calmé et est parti, le sourire aux lèvres. Quand j’ai demandé au modérateur comment il avait réussi à apaiser la situation, il m’a dit : « Comment voulez-vous bâtir une planète de paix lorsqu’un seul de vos frères/sœurs est rejeté ? En rejetant l’un d’entre eux, c’est une part de nous que nous excluons de la création. » Il est donc nécessaire d'accueillir notre propre folie sans se laisser envahir par elle. 

S’autoriser à vivre chacun ses combats, sans nous assujettir au rôle qu’ils nous donnent, c’est permettre à l’homme de manifester un jour une intelligence intégrale, non fractionnée et créative d'amour pur. "C’est passer de la réflexion de la lumière sur le plan mental à la fusion avec elle" avait aussi expliqué Bernard de Montréal dans l'une de ses conférences. Pour reprendre notre place au coeur de l'Univers. Car je crois que c'est là le destin de l'Homme. 

Mon destin à moi, c'est de raconter de belles histoires sur la Terre (surtout avec Joy for the Planet) et, comme l'a écrit l'auteur canadien, "de vivre le beau, de travailler avec le beau et de rechercher le beau dans son expérience de vie, non pas pour envoûter l'Homme et l'humanité mais pour élever l'Homme et l'humanité".

Je comprends peu à peu qu'en éliminant toutes croyances en moi au laser de ce qu'une amie psychothérapeute énergétique Arielle Harboe-Schmidt nomme "la vision pure", je dégage le passage pour laisser venir la grande conscience. Je ne parle pas de Dieu, qui est une croyance de plus, mais de la vacuité ou de la Joie. Dans mon livre La route de la joie, Arielle avait dit ceci: "Si l’on s’abandonne, la joie apparaît naturellement dans un jaillissement inépuisable. S’abandonner signifie qu’il n’y a ni effort à faire, ni volonté et ni craintes à avoir. C’est l’état dans lequel nous ne jugeons plus nos pensées, ni nos sensations, ni nos émotions, ni les situations. Nous laissons le Jeu de l’Esprit se déployer seul.

Isabelle Alexandrine Bourgeois

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Mots-clés: Spiritualité