Contes initiatiques

Victime ou responsable ?

UN NOIR AMERICAIN CONDAMNE A MORT REPOND

Au moment d’écrire cette lettre Roger W. McGowen, matricule 00889, était depuis bientôt treize ans dans le couloir des condamnés à mort d’Ellis One Unit, une des pires geôles des Etats-Unis, à Huntsville, Texas. Il croupissait dans cette prison pour un crime qu’il n’a jamais commis. Ellis One est une prison où règne une violence inouïe et une chaleur suffocante : en été des prisonniers meurent parfois de chaud. En hiver, il y fait un froid de canard. Le petit déjeûner est servi à 2h.30 du matin, le repas de midi à 8h. et le souper à l5h. Pendant 8 ans, Roger ne recut pas une seule visite. Nous correspondons avec lui depuis bientôt trois ans. En avril 1999, nous lui avons rendu visite. En octobre 99, nous avons reçu de lui une lettre où il écrivait entre autres:
“ Je crois que chacun est responsable de sa vie... A un moment, j’étais une victime, et je commençais à me sentir comme une victime, blâmant tous les autres pour mes problèmes. Mais j’ai réalisé que je devais prendre la responsabilité de mes propres actions, et que c’était la seule façon de ne plus me sentir une victime. Tous les jours, j’entends des gens se plaindre parce que quelque chose ne marche pas comme ils l’entendaient, ou parce qu’ils ont dû travailler une heure supplémentaire ou deux. Les gens se plaignent toujours de ce qu’ils n’ont pas, mais ils s’arrêtent rarement pour remercier la Providence pour les bénédictions qui sont les leurs. Les gens disent aimer la vie, mais comment peuvent ils aimer la vie quand ils ne savent pas vivre?
Chaque jour, je trouve une chose pour laquelle remercier la Providence. Quand il fait froid, et que les autres s’en plaignent et ne veulent pas sortir du lit le matin, moi je me roule en bas de mon lit et je commence à faire des pompes. Et tout le temps je remercie Dieu que je sois capable d’avoir froid et de ressentir le froid. Car beaucoup de nos gars qui l’an passé se plaignaient du froid ne sont plus là cette année pour s’en plaindre. (Parce qu’ils ont été mis à mort, PP). Chaque journée et tout ce qu’elle contient est pour moi une bénédiction, Pierre... Nous sommes responsables de tout ce qui entre dans notre vie, car les choses mêmes que nous laissons entrer dans nos vies, forment nos vies. C’est nous qui choisissons si ces choses sont de l’enfer, ou du ciel. Ainsi, ce matin seulement, un gardien me dit que nous étions tous des animaux. J’aurais pu exploser et l’appeler de tous les noms. Mais je lui ai simplement souri. Je lui ai dit qu’il me rendait très triste, et je suis parti. Je tâche très fort de manifester de l’amour à l’égard de tous, tous les jours, mais je suis humain et je peux te dire que ce n’est pas facile. Mais je ferai de mon mieux, m’efforçant toujours de me rappeler que je représente la plus haute autorité qui existe où que ce soit, celle de Dieu."

En mars 2000, Roger fut transféré dans une prison de haute sécurité à South Livingstone, Texas. Les cellules minuscules n’ont qu’une fente pour laisser passer la lumière du jour. Les détenus n’ont pratiquement aucun contact les uns avec les autres, et ils recoivent uniquement des repas froids. Depuis plusieurs jours les prisonniers n’ont eu aucune douche, aucune récréation. Dans sa première lettre de cet endroit qu’il décrit comme “le pire que j’aie visité sur la planète”, il écrit pourtant : “ Mais je me sens encore très béni, Pierre. Je suis béni d’être en bonne santé physique et mentale, j’ai un toit sur ma tête et un endroit propre où dormir. Je tâche toujours de me rappeler, quelles que soient les conditions auxquelles je fais face, que partout dans le monde il existe des gens qui sont libres et qui pourtant n’ont pas ce que j’ai. Je suis béni de reconnaître mes bénédictions, de telle sorte que je ne me plaindrai pas des choses que je n’ai pas... Je crois que nous sommes tous un. Nous sommes un avec tout et tous, partout, et tous et tout est un avec nous. Il n’y a ni toi, ni moi, tout ceci est nous. C’est pour cela que quand nous voyons des choses qui ne sont pas justes, cela fait mal, parce que ce qui est perpétré contre l’un d’entre nous, est perpétré contre tous”.

Dans une deuxième lettre de la nouvelle prison, datée du 25 avril 2000, Roger raconte l’incroyable humiliation du transfert des détenus de la prison d’Ellis One à la nouvelle geôle de Livingstone. Leurs chevilles furent enchaînées, puis leurs poignets, puis les poignets furent enchaînés aux chevilles.
“Je peux encore sentir les fers qui maintenaient mes mains et mes pieds ensemble, alors que les gardiens riaient et se gaussaient de nous pendant que nous étions chargés sur les bus qui allaient nous emmener à notre destination. Encore maintenant, en y repensant, je ne peux garder ni haine, ni animosité pour ce qui fut fait. J’ai prié tout le long du voyage, demandant à Dieu de me préserver de la haine, de ne pas regarder avec les mêmes yeux que ceux qui me méprisent. Je pourrais vivre avec moi et supporter la honte d’être enchaîné et attaché comme un animal, d’être humilié et réduit à rien. Mais je ne pourrais vivre avec moi-même en haïssant ceux qui me haïssent par plaisir de haïr. J’ai demandé à Dieu de me donner la force de sourire bien que je pleurais au dedans de moi, et de me donner la force de marcher avec la tête haute malgré les chaînes qui liaient mes poignets et chevilles dans le but de m’affaiblir. Dieu ma rendu fort par sa grâce."

Extrait du livre « MESSAGES DE VIE DU COULOIR DE LA MORT » de Roger Mc Gowen et Pierre Pradervand, éditions JOUVENCE, BP 7 - 74161 St Julien en Genevois Cedex.

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