La parole est à vous

Les vagues

J’'ai décidé de partir avec toi quelques jours. Tu avais envie de voir la mer. La douceur du sud ne pouvait que te faire du bien et apaiser pour un temps la maladie qui ne voulait pas se décrocher de ton corps. Dans l’avion, j’imagine que le soleil ardent du midi va être le plus fort, qu’il brûlera pour de bon ce vilain démon qui sévit sournoisement dans ta poitrine, sans te laisser une minute de répit.
Difficile de te croire malade lorsque je jette un coup d’œil vers ton profil calme et pur. Tu portes en toi une aura de sérénité - celle que détiennent certaines vierges à l’enfant des tableaux du XVIe siècle - un air doux et fragile à la fois. Dans tes yeux, il me semble voir palpiter le feu de la vie, le feu ardent des êtres qui ne se sont pas encore résignés à partir.
Des étincelles d’espoir au fond de tes pupilles d’ébènes…
Dans tes yeux, j’ai envie de lire une guérison certaine. Semblable aux femmes qui décèlent l’avenir au fond d’une tasse à café, moi, je veux lire ta convalescence dans ces deux petits lacs sombres, éclairés – soudain - par une vague de lumière.

Un peu plus tard, c’est dans les vagues de la Méditerranée que nous nous retrouvons immergées. Tu t’y es jetée sans hésiter, d’un coup, comme pour échapper à ce destin qui t’effraie, sans doute. Je te regarde nager, je te regarde t’abandonner avec délectation dans la mer turquoise.  Ton rire résonne dans mes oreilles ; perdue entre le ciel et la mer, je te vois  retrouver la joie que tu avais égarée en chemin, après ces mois de combat acharné. Arrivée à ta hauteur, je clame en riant qu’il n’y a rien de plus agréable que de se baigner sans maillot, alors sans hésitation, nous enlevons tout – juste quelques minutes .
Toutes deux pudiques, nous rions de cette nouvelle liberté ; nous goûtons au plaisir d’être nue dans cette immensité azur, qui nous englobe et nous protège. À ce même instant, je sais que tu as remporté la bataille, en faisant des pirouettes dans l’eau, tu fais également un pied de nez à ta maladie : cette dernière ne pourra te prendre cet instant de bonheur, il t’appartient.
Je veux le croire : ce crabe tentaculaire immonde s’en est allé, j’entends le bruit sec de ses pattes s’éloigner – au loin - sur les galets. Il n’y a plus que toi, les vagues et le ciel.
Et moi, pour te regarder danser sous le soleil.

Elodie Perrelet


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