La parole est à vous

2012, de la saturation à une nouvelle conscience?

Depuis la sortie sur les écrans du film 2012, la signification symbolique de cette date s'est imprimée plus largement dans la conscience collective, intensifiant le sentiment diffus mais tangible d'une fin imminente.
 
Laissons aux experts le soin d'exposer l'histoire et les conséquences de cette date buttoir, qui dans le calendrier Maya correspond à l'achèvement de nombreux cycles. Pour l'instant, intéressons nous à la manière dont ce phénomène se traduit dans notre vie quotidienne, et tentons d'en comprendre certaines implications.
 
Le signe le plus simple et évident de la fin du monde tel que nous le connaissons et le pratiquons, c'est la saturation. Aujourd'hui, aucun aspect de notre réalité n'échappe à la saturation.
 
    * Sur un plan global, la conscience collective est saturée d'idéologies brutales et incompatibles, qu'il s'agisse de systèmes religieux, économiques, politiques ou sociaux.
    * Notre planète est également saturée par une activité humaine irresponsable, nos comportements parasitaires menaçant notre survie et celle des autres espèces.
    * Au niveau social, les lois, les contrôles et les interdits se multiplient, saturant la collectivité dans un filet de contraintes étouffantes sensées garantir notre sécurité et notre bien-être.
    * Nos libertés fondamentales sont gravement et insidieusement menacées: les gouvernements, les pharmas et les grands groupes agro-alimentaires s'approprient rapidement notre santé, nos choix de vie et nos options d'hygiène de vie. Saturation là aussi, de produits et services standardisés, qui limitent toujours plus nos espaces de liberté.
    * La saturation touche également le domaine socio-culturel: dans toujours moins de temps, il faut caser toujours plus d'activités. Travail, famille, loisirs, hobbies, vie associative, sports, vacances, sans oublier du temps pour soi et pour le développement personnel.
    * Nous sommes aussi totalement saturés d'informations: médias, télévision, radio, journaux, publicité, internet, emails, twitter et autres réseaux sociaux innondent littéralement notre quotidien, la plupart du temps avec des messages inutiles, nuisibles ou carrément pernicieux.
    * Enfin, nous sommes plus que saturés - en réalité, constamment bombardés – par des injonctions subliminales relayées par la pub, les médias et notre entourage au sens large. Aujourd'hui, penser par soi-même relève de l'héroisme et conserver la propriété des images qui définissent notre vision du monde est devenu un travail d'Hercule.
 
Lorsque l'on additionne toutes ces zones de saturation, on se rend compte qu'en continuant à engorger les rares espaces de liberté restants comme nous le faisons aujourd'hui, nous nous dirigeons rapidement vers un étouffement généralisé. Pour moi, cela correspond à l'échéance de 2012 du calendrier Maya.
 
La vision du monde historique - dans toutes ses variations culturelles - est pleine à raz-bord: elle ne permet plus de créer du nouveau. Elle n'a plus assez de place pour contenir le moindre espoir. Tant qu'il y avait de l'espace, nous pouvions encore fonctionner comme des prédateurs en prétextant les paradigmes historiques pour nous disculper. Mais aujourd'hui, l'humanité est asphyxiée par les résultats de cette vision du monde.
 
Résultat: nos sociétés sont devenues caricaturales; le bon sens a pour ainsi dire disparu, le respect de l'autre s'évapore, la violence sous toutes ses formes envahit notre quotidien et un sentiment d'irréalité vient recouvrir le tout. Toujours plus de gens commencent à le reconnaître: on nage en plein délire. Il faut que ça change.
 
C'est là que constatations pragmatiques et prophéties Maya se rejoignent: un cycle, une histoire se termine, un état d'être radicalement nouveau est en gestation. Lorsque l'on fait bouillir de l'eau, elle passe par une étape d'instabilité et d'aberration: elle n'est plus vraiment liquide, elle est extrêmement agitée, il y a saturation, puis se produit une libération et elle parvient à l'état de gaz, de vapeur.
 
L'espèce humaine n'est plus vraiment elle-même selon les normes historiques, elle est agitée, saturée, pressée jusqu'au point d'ébullition. Quand verra-t'on se produire le point de libération, le passage de l'humanité à un état plus subtil et éthéré?
 
Petit apparté pour ceux qui croient encore que nous vivons dans un monde matériel: des secteurs entiers - et essentiels - de notre existence sont devenus virtuels sans que l'on y prête particulièrement attention: l'économie mondiale est un tourbillon d'électrons auxquels on a attribué des valeurs. La gestion des Etats, des entreprises et des collectivités est digitalisée, tout comme le sont nos bases de connaissances, nos communications, nos souvenirs photographiques et nos musiques favorites. Tout cela se résume à des électrons organisés de certaines façons et auxquels on attribue des qualités ou des valeurs. Nous sommes déjà dans une réalité éthérée et fluctuante, définie non par des faits tangibles, mais par nos interprétations.
 
En observant la faillite des systèmes, la fébrilité de la conscience collective et la texture fantasmatique qu'a pris la réalité, on est en droit de supposer qu'au fond, ce long épisode de l'histoire humaine est déjà arrivé à son terme.
 
Souvenons-nous que toute réalité individuelle et collective est le produit des images et croyances maintenues dans la conscience. Souvenons-nous également qu'en faisant abstraction des millénaires de conditionnement qui ont maintenu l'être humain dans l'ignorance et la souffrance, nous restons des êtres de lumière et d'amour. Et si l'impression de fin imminente, ressentie par tant de gens, n'était autre que la mise hors service de nos systèmes de pensée historiques?
 
Peut-être sommes-nous déjà dans un état improbable, un no-man's land de la conscience? Peut-être qu'incapables d'imaginer autre chose, nous rêvons de la crise globale et tentons d'utiliser des vieilles recettes devenues inefficaces? Peut-être sommes-nous dans une sorte de chrysalide éthérique, occupés à dissoudre les anciennes formes pensées et définitions de nous-mêmes avant d'en faire naître de nouvelles? (Ca ne serait pas exceptionnel: une fois dans sa chrysalide, la chenille se dissout en une gelée informe avant de se recomposer en papillon).
 
Je vous laisse explorer ces questions par vous-même. Mais quel que soit le produit de votre réflexion, gardez ces quelques notions à l'esprit:
 
    * La saturation augmente à une vitesse vertigineuse dans tous les domaines de l'existence. Nous sommes inondés par des tsunamis d'images et d'injonctions qui renforcent notre loyauté envers des logiques historiques devenues caduques. Les anciens modèles de pensée sont devenus toxiques pour notre conscience.
    * Pour éviter de pêter les plombs ou de nous transformer en zombies, un nettoyage par le vide de nos concepts, images de soi, croyances et idées sur le monde s'avère indispensable. Cette hygième mentale (Qui suis-je? A quel monde je crois? Qui pense ces pensées?) nous permettra d'éviter d'importants traumatismes lors de l'inévitable étouffement de nos sociétés.
    * La faillite et l'agonie de cette civilisation devraient être célébrées comme la fin d'une longue tyrranie. Une ère s'achève. On sent que sous le chaos, de nouvelles dimensions de conscience sont en gestation, encore imprécises et parfois inquiétantes, tant elles semblent étrangères à nos habitudes.
    * Et pourtant, cette conscience émergente nous est totalement familière, même si elle est restée inhibée pendant des lustres. Dans son état naturel, notre esprit est conçu pour expérimenter et célébrer l'unité de toutes choses. Un état de conscience non-dualiste engendre inévitablement la responsabilité personnelle, et par conséquent, la maîtrise des images qui forment notre réalité. Des conditions favorables à l'émerveillement, à l'amour et à l'éveil.
 
D'où l'importance capitale de nous débarrasser des logiques historiques avant d'entrer dans ce nouveau cycle...
 
Alain-Yan Mohr 

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