La parole est à vous

Les 16-25 ans, génération qui a perdu foi en l’avenir? Pas tous!

C'’est l’image d'’un homme qui marche longuement jusqu’à se trouver face à l’océan. Il a trouvé le moyen de franchir les ruisseaux et les fleuves mais devant l’océan, il doit trouver autre chose pour continuer sa longue marche… et c’est ce problème qui va l’amener à se dépasser et construire le bateau qui  le mènera un peu plus loin dans sa quête. Mais que serait-il arrivé à notre explorateur si toute son énergie avait été focalisée sur la distance qui le sépare de sa destination ?


Le sociologue de la jeunesse Olivier Galland tire la sonnette d’alarme en France. « Il est urgent d’agir », « toutes les enquêtes montrent que la jeunesse française va mal ». Le système scolaire en vigueur ne semble plus adapté, les responsables politiques « ont peur de la jeunesse » et les réformes sur l’instruction n’améliorent pas le résultat final : un nombre croissant de jeunes sortent du cadre de la société. En France, cela ce chiffre à 120'000 étudiants par année qui terminent la secondaire sans diplôme.

Demain, c’est cette génération sans foi en l’avenir et qualifiée de fataliste par Olivier Galland qui tiendra les reines de la société. Il y a de quoi s’alerter, en effet. Mais faisant moi-même parti de ce lot dont il est question, je tiens à vous faire part d’un raisonnement quelque peu différent.

L’histoire que nous allons aborder débute  lorsque l’enfant rejoint l’école. De la sorte, il pénètre activement dans un périmètre commun auquel nous prenons tous part, d’une manière ou d’une autre : la société. Tout au long de son parcours scolaire, l’enfant grandit, apprend et réalise qu’il doit atteindre des objectifs précis pour être accepté « plus » ou « moins bien » par la société. Bien que chaque individu soit particulier, le système « impose » un rythme et des chemins d’étude qui répondent à la majorité des besoins des étudiants et de la société. Lorsque l’adolescent doit choisir de se spécialiser dans un domaine, il est submergé d’information, d’exemple et de présentation. On lui explique tant bien que mal que telle ou telle branche lui ouvrira plus de portes que d’autres par la suite ou que papa ou maman aurait rêvé de suivre ce chemin, mais l’adolescent confronté à choisir un chemin tracé par la société n’est pas interrogé sur ses réelles motivations de vie. La raison est simple : il n’en a pas (encore) conscience et les orientations scolaires encore moins. L’accent est posé sur les capacités théoriques de la personne et les besoins de la société. Le jeune adulte ne décide donc pas de sa destinée mais se compare aux autres (les notions de concurrence et de compétitivité sont déjà ancrées à ce niveau) et élimine les chemins qui ne lui promettent pas un avenir assuré dans la société.

En parallèle, il faut tenir compte que les 10 dernières années ont considérablement changé la manière dont un jeune se développe. On observe notamment un accroissement massif et régulier des loisirs ainsi qu’une information négative et surabondante qui se tourne de plus en plus vers un jeune public. On s’imagine alors dans la peau d’un jeune adolescent qui pose les yeux sur ce qui l’entoure et que voit-il rapidement : violence, négativisme et pessimisme. Il cherche alors moult moyen de compenser ce déséquilibre et s’appuie sur les loisirs, l’alcool ou encore la drogue. Pas étonnant que les boîtes de nuit soient bien remplies le vendredi soir et que les développeurs de jeux-vidéo affirment avec fierté que cette industrie rapporte plus que le cinéma.

Les propos rapportés par Olivier Galland sont donc vrais mais uniquement dans un périmètre restreint qui ne tient pas compte de la globalité du « problème ». Aussi, on omet d’y représenter un grand nombre de jeunes qui ne cèdent pas à la peur, aux tendances et qui recherchent inlassablement le chemin qui leur correspond. On dira pourtant que ces derniers sont des ratés car ils arrêtent ce qu’il commence, posent des questions stupides ou envoient tout en l’air sous prétexte qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font. Ces ratés auraient-ils compris que la douleur est une enseignante et que l’échec est la route qui mène au succès ? Là encore le système compétitif de l’école donne une mauvaise image de l’échec qui touche directement à l’estime de soi des étudiants. Pourtant, si un élève échoue systématique dans une branche, c’est qu’il y a forcement une raison. La vie est une enseignante à part entière pour chaque individu. Ainsi, chaque problème est une chance car il permet d’identifier et de comprendre un élément particulier de sa vie afin de continuellement se dépasser.

Si le point de vue avec lequel on aborde un problème n’est pas le bon, il est logique que les solutions développées ne soient pas adaptées. On cherche par exemple à mieux informer l’étudiant au lieu de l’amener à découvrir ce qu’il aime réellement au sein de son existence. Pire encore, on engage parfois un élève dans la voie où il rencontre le plus de difficulté avec l’idée que les branches qui vont biens n’ont pas besoin d’être développées. Pourquoi concentrer toute son énergie sur ses problèmes au lieu de l’investir dans ses qualités et son potentiel ? En bourse, cela reviendrait à investir son argent dans une société en faillite.

Si les 16-25 ans ont perdu foi en l’avenir, alors qu’en est-il des 25 et+ ? Qu’est-il arrivé pour qu’ils en arrivent à transmettre ces émotions à leur propre descendance ? Que fait la presse en nous surinformant de détails non significatifs et négatifs ? Quel est l’intérêt des publicités adressées aux jeunes qui exhibent une image complètement détournée de cet âge ? Comment un jeune peut-il trouver un sens à sa vie si sa recherche de « lui-même » et de son identité est constamment caricaturée ou tronquée ?

Les chemins qui sont fixés par la société ne sont plus adaptés aux 16-25 ans. D’une part celle-ci n’offre plus les perspectives prometteuses et constructives d’autant et d’autre part, les jeunes ressentent peut-être inconsciemment que de nouveaux chemins doivent être ouvert pour être en mesure de vivre une vie plus humaine, plus harmonieuse et en accord avec eux et ce qui les entoure. Ils ne se reconnaissent pas dans le miroir de la société et bien que cela puisse surprendre, les 16-25 sont conscients que nous ne pouvons pas poursuivre aveuglément sur cette voie. Certains souhaitent oublier le mur qui se dessine mais beaucoup de jeunes esprits ont l’espoir et la volonté de changer positivement les choses. Le succès remporté par le slogan « Yes, we can !» de la dernière campagne présidentielle américaine le démontre bien.
120'000 personnes par année qui ne trouvent plus leur place dans un cadre définit par la société, c’est autant de chance de découvrir de nouveaux sommets et l’espoir d’améliorer une situation qu’on ne peut plus ignorer.

Pour faire d’un problème un succès, il faut ouvrir son champ de vision et comprendre que la vie est un tout. On ne peut se préoccuper d’un problème tel que la jeunesse sans observer le fonctionnement de la société dans sa globalité. J’ai récemment lu que selon Aristote, « le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres. » Et bien, ayons le courage de tourner notre regard vers un horizon lumineux. Nous sommes à l’aube d’un monde meilleure et tout ce que nous avons à décider est quoi faire de notre énergie et du temps qui nous est imparti.

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. Sénèque

Thomas Jacobsen, 21 ans, 12 mars 2009

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