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A voir absolument! Une femme, une tornade, un coeur immense

LatifaC’est une tornade. Un ouragan. Un raz de marée qui déborde sur les premiers rangs. Mais au contraire des catastrophes qui font des ravages, Latifa Djerbi ne détruit rien sur son passage. Au contraire, lorsqu’on sort de L’improbable est possible, j’en suis la preuve vivante!, solo étourdissant de cette comédienne tunisienne établie à Genève depuis quinze ans, on est ragaillardi. Réconcilié avec la vie. Car cette mathématicienne de formation montre, équations à l’appui, que le modèle dominant, c’est du vent. On est chacun sa «propre minorité», formidablement unique, formidablement singulier.

Installée tout au bord de la scène du Théâtre Saint-Gervais, Latifa Djerbi commence avant de commencer et ne termine jamais. C’est un truc de clown, ça, les débuts et les fins à répétition. Mais, plus profondément, ces empiétements sur la marge traduisent la passion de l’artiste pour le pas de côté. «Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience», énonce René Char, poète et résistant. Latifa Djerbi mérite beaucoup d’égards et de patience. Car, à l’image de sa chevelure en pétard, la comédienne ne cesse de ruer dans les brancards. Et si on se fie à l’étonnement d’un adolescent assis au premier rang, mardi, on peut affirmer que sa charge ne connaît pas de limite d’âge.

LatifaC’est une tornade. Un ouragan. Un raz de marée qui déborde sur les premiers rangs. Mais au contraire des catastrophes qui font des ravages, Latifa Djerbi ne détruit rien sur son passage. Au contraire, lorsqu’on sort de L’improbable est possible, j’en suis la preuve vivante!, solo étourdissant de cette comédienne tunisienne établie à Genève depuis quinze ans, on est ragaillardi. Réconcilié avec la vie. Car cette mathématicienne de formation montre, équations à l’appui, que le modèle dominant, c’est du vent. On est chacun sa «propre minorité», formidablement unique, formidablement singulier.

Installée tout au bord de la scène du Théâtre Saint-Gervais, Latifa Djerbi commence avant de commencer et ne termine jamais. C’est un truc de clown, ça, les débuts et les fins à répétition. Mais, plus profondément, ces empiétements sur la marge traduisent la passion de l’artiste pour le pas de côté. «Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience», énonce René Char, poète et résistant. Latifa Djerbi mérite beaucoup d’égards et de patience. Car, à l’image de sa chevelure en pétard, la comédienne ne cesse de ruer dans les brancards. Et si on se fie à l’étonnement d’un adolescent assis au premier rang, mardi, on peut affirmer que sa charge ne connaît pas de limite d’âge.

Son ressort comique? L’inconfort chronique. A cheval entre deux cultures (arabe et occidentale), deux métiers (mathématicienne et comédienne), deux statuts (mère et femme), etc., la comédienne est constamment bancale. Du coup, elle court sans arrêt, car le mouvement empêche la chute. Et comme ses nuits ressemblent à ses jours, elle s’agite même dans son lit.
Oui, tout ce qui est dit dans le spectacle est vrai. C’est sa force, cette honnêteté. Jacques Livchine, son mentor, l’a prévenue: si elle souhaitait se distinguer des monologues de femmes au bord de la crise de nerfs qui envahissent le marché, elle devait puiser en elle, être très personnelle. Ainsi, de sa mère à ses enfants, en passant par ses metteurs en scène, ses voisines, son mari parti et ses amants (aux abonnés absents), toutes les personnes de son entourage qui se reconnaîtront auront raison. Mais la conteuse ne mise pas sur le côté sulfureux des récits. Son objectif consiste surtout à recenser les situations où elle se sent décalée.

En quatorze points qui tous commencent par «Je ne trouve pas ma place…», elle détaille comment elle détonne. Auprès de sa mère, au travail, dans la séduction, dans l’amitié, avec ses enfants, dans son corps, dans l’échelle sociale, dans sa double culture, dans un groupe, etc. Et c’est hilarant. A commencer par la séquence avec sa maman. Qui habite Angers (et non Tanger, précise Latifa), et qui, chaque fois qu’elle la voit, s’arrache les cheveux face à cette fille si chaotique dans les choses domestiques. La colère en arabe fait hurler de rire le jeune homme de 16 ans au premier rang, qui est Tunisien lui aussi. Et la salle rit de ce rire si franc.
La salle rit encore lorsque la comédienne aligne ses équations au tableau noir. Ou se met à slamer. Pourtant, Jacques le lui avait interdit, car «une comédienne qui chante et danse, c’est toujours affreux». Mais la rebelle n’est pas du genre à se censurer. Elle rappe, slame, se palpe dans tous les sens, se mouille aussi et utilise son corps comme une serpillière lorsqu’elle entreprend de nettoyer la scène des traces de craie. Latifa Djerbi est ainsi. Entière, extrême.

Epuisante? Disons que quelques respirations ne nuiraient pas à l’affaire, même si la metteure en scène Fanny Brunet a déjà contribué à endiguer le flux. C’est frappant dans la scène de la cigarette après l’amour: Latifa Djerbi gagne en présence lorsqu’elle ralentit le débit. Respirer, c’est aussi trouver sa place. Mais, justement, la comédienne ne souhaite pas – ou ne peut pas – souffler. Elle qui a accumulé les personnages corsés chez Frédéric Polier, elle qui a composé un spectre effrayant dans le Hamlet d’Eric Salama (LT du 21.09. 2010), considère le plateau – et sa vie sans doute – comme un paysage forcément tourmenté. Une tornade, un ouragan.

L’improbable est possible…, jusqu’au 18 oct., Théâtre Saint-Gervais, Genève, 022 908 20 00, www.saintgervais.ch

Source: Le Temps

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