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Les Indignés dirigent 4 grandes villes d'Espagne

La gauche radicale espagnole, appuyée par le parti anti-austérité Podemos, a fait samedi son entrée dans les mairies de quatre villes principales d'Espagne, dont Madrid et Barcelone.

A Madrid, Manuela Carmena a été élue samedi par le conseil municipal. Elle est devenue la première élue de gauche à diriger la capitale espagnole après 24 années d'administration de la ville par le Parti populaire (PP).

«Nous sommes au service des citoyens de Madrid. Nous voulons gouverner en les écoutant», a affirmé Manuela Carmena.

Le collectif «Ahora Madrid» (Maintenant Madrid) dirigée par l'ancienne magistrate de 71 ans et opposante communiste à Franco, et soutenue par le parti Podemos («Nous pouvons»), a obtenu le soutien des élus du Parti socialiste (PSOE). Il a été assuré de la majorité absolue de 29 sièges au total au conseil municipal.

Demande lancée par le PP

Mme Carmena a fait campagne sur la suspension de la privatisation des services publics et l'arrêt des expulsions de locataires. Lors d'une conférence de presse organisée avec le PSOE, elle a souhaité que sa désignation permettrait «de changer vraiment la manière de faire de la politique».

La représentante du PP Esperanza Aguirre, arrivée en tête lors du scrutin avec 44 000 voix de plus, a appelé les conseillers à faire preuve de responsabilité.

A Barcelone, Ada Colau, une militante engagée dans la lutte contre les expulsions immobilières, soutenue par Podemos et le PSOE, succède au nationaliste catalan Xavier Trias. Elle devient aussi, à 41 ans, la première femme à la tête de Barcelone, ville d'1,6 million d'habitants, après avoir reçu 21 voix contre 10 pour M. Trias.

Elle devra toutefois nouer des alliances pour obtenir une majorité stable au delà de cette séance de prise de fonctions, son conseil municipal étant très divisé, avec sept forces en présence. Valence et Saragosse sont également dirigées désormais par des maires proches ou issus du mouvement des Indignés de 2011.

Ces changements de majorité font suite aux élections municipales et régionales du 24 mai dernier, qui ont tourné au vote sanction contre le PP de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement au pouvoir depuis 2011. Les scrutins ont fait voler en éclats le bipartisme qui organisait la vie politique depuis la fin du franquisme.

Critique par Rajoy

En nombre de voix, la droite espagnole est certes arrivée en tête mais, payant le prix de quatre années de politique d'austérité et de scandales de corruption à répétition, elle a réalisé son pire score depuis 1991. Elle est en recul de plus de dix points par rapport aux précédentes élections locales, il y a quatre ans.

Au terme des tractations politiques menées depuis et qui ont permis l'émergence de nouvelles coalitions, sur les dix principales villes d'Espagne, la droite n'en dirige plus que deux: Malaga et Murcie, toutes deux en Andalousie.

Le parti de M. Rajoy a dénoncé la constitution d'un «front anti-PP» et déploré le rôle à ses yeux irresponsable joué par les socialistes du PSOE. Il a accusé l'autre grande formation politique classique du pays d'avoir pris un tournant «extrémiste, populiste et radical».

«Ils se sont lancés dans une course effrénée d'accords avec des partis radicaux et extrémistes sans autre but que d'empêcher des gouvernements de candidats du Parti Populaire», a dénoncé le parti dans un communiqué publié vendredi.

Discussion liée aux régions

Les discussions se poursuivent pour constituer les exécutifs régionaux dans 13 des 17 régions au total où le vote est intervenu également le 24 mai.

Les premières mesures prises par les nouvelles majorités municipales de même que la stabilité des coalitions mises en place vont être suivies alors que l'Espagne s'apprête à entrer en campagne pour les élections législatives prévues cet automne.

Leur discipline financière sera également surveillée par le gouvernement central. Une source gouvernementale a dit samedi que Mariano Rajoy avait lui demandé à son ministre des Finances, Cristobal Montoro, de s'assurer que ces municipalités respectent les engagements de consolidation budgétaires et les limites de dépense fixés au plus fort de la crise de la dette. (ats/Newsnet)

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